Projet de Synthèse et Recommandations
Le Ministère de la PME et de l’Artisanat a
organisé une rencontre nationale du marché
de l’expertise et du conseil qui s’est tenue
à Alger les 25 et 26 Décembre 2002 à l’Ecole
nationale d’Administration.
Les travaux de cette rencontre ont porté sur
l’examen de:
1- diagnostic et perspectives du conseil et
de l’expertise
2- relation du conseil et de l’expertise avec
les pouvoirs publics.
3- L’apport du conseil et de l’expertise à
l’entreprise algérienne
Chacun de ces domaines a fait l’objet d’étude
et de débat au sein des ateliers constitués
à cet effet, ont participé à cette rencontre
200 cadres expert, consultants ainsi que les
directeurs centraux des ministères, les délégués
des organisations patronales et associations
professionnelles ainsi que les banques et
les assurances.
L’ouverture des travaux a été présidée par
Monsieur le Ministre de la PME et de l’Artisanat
en présence de le Ministre d’Etat Monsieur
BELKHADEM Ministre des Affaires Etrangères,
Monsieur TEMMAR, Ministre de la Participation
et de la Promotion de l’investissement.
Au cours des travaux les participants ont
exploré, analyse et débattu tous les aspects
relatifs au Marché de l’Expertise et du Conseil
en identifiant les forces et les faiblesses,
dans un contexte caractérisé par des mutations
profondes de notre économie consécutive à
l’économie de marché et les exigences de la
concurrence nationale et internationale, et
ce afin de définir une démarche appropriée
pour relever les défis de l’économie de marché
et de la globalisation économique.
Les participants ont abouti aux observations
constats et recommandations suivantes:
1- l’analyse du marché de l’expertise et du
conseil fait ressortir une évolution des besoins
des entreprises, qui en raison des restructurations
diverses, et de l’exigence de performance
recourent à l’expertise extérieure.
2- Les demandes d’interventions sont multiples
et variées et peuvent porté sur:
· le conseil stratégique
· le conseil méthodologique
· le conseil de service.
3- Dans le domaine de l’expertise il est fait
appel à des compétences très spécifique touchant
les différents fonctions de l’entreprise:
technologie, produits, marché, processus industriel,
etc…
Très souvent, des petites équipes de spécialiste
associant:
· des experts en technologies
· des experts du secteur industriel
· des experts fonctionnels
interviennent simultanément
4-Les conclusions tirées, les recommandations
présentées et les actions décidées deviennent
vitales pour le succès de l’entreprise cliente.
5-Cependant de très nombreuses entreprises,
notamment les petites et moyennes ne peuvent
faire appel à l’expertise externe pour des
raisons économiques et financières, aggravant
ainsi leur fragilité et leur vulnérabilité.
6- L’expertise extérieure reste cependant
la derrière solution, le recours ultime lorsque
l’entreprise est sous l’emprise d’une crise,
et qu’il y a urgence.
7- Mais au fur et à mesure de l’évolution
l’activité conseil et expertise, s’est développée,
s’introduisant dans tous les secteurs de l’activité
de l’entreprise, y compris l’activité humaine.
8- L’expertise et le conseil ayant acquis
une certaine maturité il convient que la profession
se dote de règles de conduite exigeantes.
9- Les experts et conseillers ont l’obligation
de se comporter de façon éthique en mettant
au premier rang de leurs préoccupations le
bien de l’entreprise ou la société cliente,
car les décisions des gestionnaires suite
aux recommandations des experts et conseillers
peuvent affecter de nombreuses personnes.
10- L’élaboration, l’application et le respect
d’un code de déontologie devraient encourager
la qualité et la compétence des professionnels,
et établir de bonnes relations entre la profession
et l’entreprise.
11- L’expert et le conseiller doivent chercher
continuellement à se perfectionner et à être
au niveau des développements récents de leur
domaines d’expertise.
12- Ils ne doivent en aucun cas accepter de
mission qui dépasse leurs capacités et doivent
se soucier de la qualité et de la pertinence
des services qu’ils peuvent rendre au client,
en faisant preuve d’un sens aigu de la responsabilité
sociale, en fixant des honoraires justes et
équitables, et en évitant d’attirer la clientèle
par une publicité mensongère.
13- De plus en plus l’institutionnalisation
du cahier des charges, et sa professionnalisation
permet à l’entreprise de préciser sa demande;
les objectifs et les tâches mieux définis,
permettent certes à l’entreprise de mieux
gérer le coût et le temps mais ainsi plus
de rigueur dans la mission du consultant et
de l’expert.
14- L’objectif de la consultations étant plus
précis et mieux défini, les résultats sont
plus rapidement évalués, et la valeur ajoutée
de l’expertise plus appréciée.
15- Toutefois les restructurations souvent
inachevées, et les approches ponctuelles et
hésitantes engendrent découragement et démotivations
chez les consultants et les experts qui voient
leurs recommandations non suivies d’effets.
16- De nombreuses entreprises ont fait appel
à des audits coûteux sans qu’elles mettent
en application les conclusions de l’expertise
pour aboutir à la rénovation, et à la modernisation
promise.
17-L’importance de la population PME estimée
à près de 400.000 entités, sa contribution
significative au PIB, et la place qu’elle
occupe progressivement dans les échanges extérieures
malgré l’absence d’un dispositif de soutien
et d’appui aux exportations devrait inciter
à donner à ce secteur une véritable dynamique
de relance:
· en levant les nombreux obstacles administratifs
et juridiques qui freinent sa croissance notamment
par un allègement des procédures de constitutions
de société, d’immatriculation au registre
du commerce et de crédit bancaire…
· un soutien actif dans les domaines de la
gestion tels que:
- la formation managériale
- l’information sur les marchés
- la sous-traitance.
- Le partenariat
- L’innovation dans le processus de production
- Le conseil et l’expertise.
18- Toutes les études ont fait ressortir les
énormes capacités des PME, à réduire le chômage,
à renforcer le tissu économique et social,
et à s’adapter à un environnement ouvert à
la concurrence, et à la compétitivité.
Mais les performances de ce secteur dépendent
des différentes mesures de soutien que les
pouvoirs publics pourraient prendre en sa
faveur.
19- Le marché du conseil et de l’expertise
souffre d’un manque d’organisation de la profession;
outre la défense de ses adhérents, une telle
organisation aurait aussi pour mission:
- de veiller à la qualité des prestations
- d’assister ses adhérents sur les marchés
internationaux
- de les représenter auprès des pouvoirs publics
- d’organiser la concertation et les échanges
avec les professions connexes.
- de garantir un haut niveau de professionnalisme
- la mise en relation des entreprises avec
les consultants
- l’élaboration d’une stratégie visant à conquérir
des marchés porteurs internationaux
- de définir des mécanismes pour associer
les experts algériens à l’étranger à tout
projet d’envergure nationale.
- d’entretenir des relations suivies avec
les organismes internationaux afin de faire
bénéficier l’expertise algérienne d’une intégration
internationale conséquente.